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Rwanda

Sosthène Munyemana

Type de responsabilité
Personne physique

Auteur(s) présumé(s)
Sosthène MUNYEMANA

Nationalité(s) Auteur(s) présumé(s)
Rwandaise

Qualification crime(s)
Complicité de torture et acte de barbarie
Génocide
Complicité de génocide
Crimes contre l’humanité

Source de la plainte
ONG
Victime

Procédure en cours
oui

Régime
1 - TPIY/TPIR

Résumé des faits

Sosthène Munyemana était gynécologue à l’hôpital universitaire de Butare.

Le 7 avril 1994, lorsque les massacres ont débuté, des milliers de réfugiés Tutsis ont fui vers Butare, traditionnellement réputée pour sa cohabitation paisible entre les différentes communautés du pays.

Le 7 avril 1994, Sosthène Munyemana aurait prononcé un discours dans lequel il aurait clairement exprimé son intention d’exterminer la communauté Tutsi de Tumba. Son discours aurait encouragé les habitants de Tumba, et en particulier les extrémistes Hutus, à localiser les Tutsis de la ville.

Le 21 avril, les massacres systématiques débutent dans le secteur de Tumba.

Il aurait distribué des munitions et établi une liste de Tutsis à éliminer.

Fin juin 1994, Sosthène Munyemana a fui le Rwanda. En octobre 1994, il est employé avec son épouse par l’université de Bordeaux, où il coordonne un groupe de travail sur le SIDA au Rwanda.

Amnesty International France rappelle que toute personne est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie.

Procédure

<p>Le 18 octobre 1995 : Survie, la FIDH et la CRD déposent une plainte à l’encontre de Sosthène Munyemana <span class="NormalTextRun SCXW121657450 BCX0">pour « tortures, </span><span class="NormalTextRun SpellingErrorV2Themed SCXW121657450 BCX0">traitements</span> <span class="NormalTextRun SpellingErrorV2Themed SCXW121657450 BCX0">inhumains</span><span class="NormalTextRun SCXW121657450 BCX0"> et </span><span class="NormalTextRun SpellingErrorV2Themed SCXW121657450 BCX0">dégradants</span><span class="NormalTextRun SCXW121657450 BCX0"> ».</span><br />
Fin 2001 : le CPCR se constitue partie civile.<br />
Le 19 juin 2002 : la FIDH se constitue partie civile.<br />
En 2006: le Rwanda demande l’extradition de Sosthène Munyemana.<br />
En avril 2007 : le parquet de Paris demande sa mise en examen.<br />
Le 8 août 2007: le Rwanda émet un mandat d’arrêt international.<br />
Le 24 janvier 2008 : la CNDA rejette la demande d’asile du docteur Sosthène Munyemana.<br />
En octobre 2008 : Sosthène Munyemana est reconnu coupable par contumace par le tribunal de Butare (Rwanda). Il a été condamné à la prison à perpétuité.<br />
Le 20 janvier 2010: Sosthène Munyemana est placé sous contrôle judiciaire.<br />
Le 4 février 2010: les magistrats bordelais demandent aux autorités rwandaises un complément d’information sur la nature des charges pesant sur Sosthène Munyemana.<br />
Le 3 juin 2010 : la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Bordeaux met son arrêt en délibéré au 15 juin 2010.<br />
Le 15 juin 2010: l’affaire est renvoyée au 7 octobre 2010.<br />
Le 7 octobre 2010 : la cour refuse l’extradition et lève le contrôle judiciaire.<br />
Le 8 novembre 2011 : le TGI de Bordeaux condamne l’association Cauri et des citoyens français pour « atteinte à la présomption d’innocence » après une plainte déposée par Sosthène Munyemana.<br />
Le 15 décembre 2011 : Sosthène Munyemana est mis en examen et placé sous contrôle judiciaire.<br />
Le 29 mars 2017 : l’instruction est close. En attente du réquisitoire du Procureur.<br />
En mai 2018 : le Parquet demande un renvoi aux assises en attendant l’ordonnance de mise en accusation.<br />
En décembre 2018 : une ordonnance de non-lieu partiel, de requalification et de mise en accusation devant la cour d’assises de Paris est délivrée. Sosthène Munyemana est accusé des chefs de « crimes contre l’humanité », « génocide », « complicité de crimes contre l’humanité », « complicité de génocide », et « participation à un groupe formé dans le but de préparer ces crimes ». La défense interjette appel.<br />
Le 15 décembre 2021 : le renvoi devant la Cour d’assises est confirmé en appel.<br />
Le 20 décembre 2021 : la défense se pourvoit en cassation.<br />
Le 23 mars 2022 : le pourvoi est rejeté.<br />
Le 13 novembre 2023 : Le procès s’ouvre devant la Cour d’assises de Paris.<br />
Le 19 décembre 2023 : Munyemana est condamné à 24 années de réclusion criminelle pour « génocide », « crimes contre l’humanité » et « entente en vue de la préparation de ces crimes », assortie d’une peine de sûreté de 8 ans. La défense fait appel.<br />
Du 16 septembre au 24 octobre 2025: le procès en appel de Sosthène Munyemana se déroule devant la Cour d’assises d’appel.<br />
Le 10 novembre 2025: Sosthène Munyemana est condamné par la Cour d’assises d’appel de Paris à 24 ans d’emprisonnement pour génocide et entente en vue de commettre un génocide. Il est acquitté des charges de crimes contre l’humanité retenues en première instance.</p>

Plainte

oui

Noms ONG / Victime(s)

FIDH
LDH
CPCR
Survie

Fondement(s) de compétence (article)

Loi n° 96-432 du 22 mai 1996

Jugement cours d'assises

Munyemana est condamné à 24 années de réclusion criminelle pour génocide, crimes contre l’humanité et entente en vue de la préparation de ces crimes, assortie d’une peine de sûreté de 8 ans. La défense fait appel.

Arrêt cour d'appel

n/a

Arrêt cours de cassation

n/a

Sources

Survie, « Soutien au Collectif Girondin pour le Rwanda contre Sosthène Munyemana », 2011

Survie, « Nos actions judiciaires concernant le génocide des Tutsis au Rwanda », 2019

Cour de cassation, arrêt du 23 mars 2022

Mediapart, « Génocide au Rwanda: son ultime recours rejeté, un médecin sera jugé aux assises », 2022

FIDH, "Génocide des Tutsi au Rwanda : Sosthène Munyemana condamné en appel à 24 ans de prison pour génocide, mais acquitté de crimes contre l’humanité", 2025